A nos frères qui sont morts

A mes hommes qui sont morts…, voilà le titre d'un poème du vicomte de Borelli qui me touche particulièrement.

Extrait. "Anonymes héros, nonchalants d’espérance,

Vous vouliez, n'est -ce pas ? qu'à l'heure du retour,

Quand il mettrait le pied sur la terre de France,

Ayant un brin de gloire il eût un peu d'amour.


Quant à savoir si tout s'est passé de la sorte,

Et si vous n'êtes pas restés pour rien là-bas,

Si vous n'êtes pas morts pour une chose morte,

O mes pauvres amis, ne le demandez pas !


Dormez dans la grandeur de votre sacrifice,

Dormez, que nul regret ne vienne vous hanter;

Dormez dans cette paix large et libératrice

Ou ma pensée en deuil ira vous visiter !"

Il parle des hommes de tous horizons ayant rejoint la Légion étrangère mais, en ce mois de novembre, alors qu’un nième homme vient de donner sa vie pour le service de sa patrie, il me rappelle ces hommes et ces femmes qui s’engagent, qui adhèrent de façon quasi parfaite à l’esprit de service.

Quel que soit notre condition, nous servons tous la société à notre façon. Certains la nourrissent, et ce n’est pas rien. D’autres en sont la mémoire. Il y a ceux qui s’occupent de la soigner, de la distraire ou de l’instruire.

Et puis il y a ces individus étonnants qui décident de la défendre ou de défendre ses intérêts ici, là, quelque part sur le globe, sur terre, dans les airs, sur ou sous l’eau.

Pourquoi faut-il toujours attendre un malheureux coup d’angoisse pour qu’on s’intéresse à eux. Bien sûr, toutes les mairies fleurissent le monument aux morts de la commune, le 11/11. Et après ?

Oserons-nous sans que le calendrier n’ait besoin de nous tenir la main, considérer avec reconnaissance et admiration ceux-là qui ont osé l’engagement.

Ils sont nos frères en humanité. Et leurs familles également. Parents, épouses, enfants, fiancés, ceux qui restent à la maison, à terre. Ceux qui soutiennent le moral, envoient des colis, des nouvelles. Ceux qui collectionnent les cartes postales aux couleurs des sables d’Afrique, des montagnes de Serbie ou, précédemment, des ruelles du Liban et des collines d’Indochine.

Ils sont nos frères en humanité.

Ils sont nos frères qui sont morts.

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