13 Polyamour

La polygamie et la polyandrie sont une pratique qui n’est pas inusité, même si un net déséquilibre entre ces deux derniers existe à travers le globe, la polygamie étant davantage pratiquée.

L’ère du christianisme* a mis de l’ordre dans la vie intime exigeant la monogamie tout en tolérant le droit de cuissage.

Deux mille ans plus tard, des îlots épars dans la société occidentale émergent au Canada, Etats-Unis, Europe. Dès 1920 des mouvements marxistes et libertaires**prônent la première théorisation. Alexandra Kollontai en définit trois principes :

- l'égalité des rapports mutuels

- l'absence de possessivité et la reconnaissance des droits individuels de chacun des membres du couple

- l'empathie et le souci réciproque du bien-être de l'autre

Il n’est pas question dans ce cas précis de Mormon ou de société matriarcale mais d’un partage d’amour dans un plein respect et choix mutuel. Exit le judéo-christianisme qui considère qu’une famille ne peut être formée que par deux adultes, car ces amours plural sont aujourd’hui bien vivants dans notre société occidentale.

La famille homosexuelle commence tout juste à être acceptée, devant une progression si rapide de l’humanité, ces trios se cachent par peur des commérages et/ou autre.

Il serait simple de penser que ces trios soient principalement formés par la gente masculine. Et bien c’est assez loin de la réalité.

Après s’être débarrassé des carcans religieux, s’être battue pour ses droits et liberté, s’être affranchit du mariage, la femme s’équilibre.

Il n’est pas question ici de libertinage, de triolisme, de candaulisme ou de possessivité, aimer n’est simplement plus réduit à l’être unique. Le mythe de Cendrillon s’écroule devant la réalité de la vie.

Le genre humain qu’il soit féminin ou masculin n’est pas biologiquement programmé pour la fidélité. C’est une question de diversité génétique, la nature a ses propres lois. Ce qui n’est pas non plus une permission tacite pour forniquer à tous les coins de rue. Nos cousins sont des singes, mais quand même.

Mais puisque la vie de couple à déjà ses propres difficultés pourquoi y ajouter une troisième personne ?

Paradoxalement, cette tierce personne abaisse les tensions et la pression qu’un couple peut mutuellement exercer pour frustrations diverses. La pression d’être une meilleure personne pour l’être unique fait place à l’acceptation de l’autre dans son imperfection. Le moi émerge, laissant plus de place à l’individualité tout en développant le relationnel de cette mini communauté.

J’imagine donc la société de demain ou nous seront trois pour élever nos enfants, ou la jalousie sera montrée du doigt au même titre que le vol, ou la possession sera reléguée à la préhistoire. J’imagine une société plus communautaire ou nos enfants auront la chance d’avoir plusieurs référents, ou le naturel prendra le pas sur les conditionnements.

Les couples s’inventent au gré des personnalités, des valeurs de chacun et des expériences passées. Un modèle unique de couple ne peut convenir à une majorité tout comme le polyamour ne peut être vécu par tout le monde.

*La constitution de Grégoire XIII en 1585 interdit la polygamie.

** https://fr.wikipedia.org/wiki/Polyamour

Adame MANODE 

Adame MANODE

Écrivain, rédactrice, vidéaste

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